Pour ne pas perdre son référencement lors d’une refonte, il faut faire l’inventaire de tout ce qui apporte du trafic avant de commencer, rediriger chaque ancienne URL vers sa nouvelle équivalente par une redirection permanente (301), conserver les contenus qui fonctionnent, puis surveiller le site de près pendant les semaines qui suivent la mise en ligne. Google prévient qu’une migration peut faire fluctuer temporairement la visibilité d’un site. Une chute durable, elle, vient le plus souvent d’une étape oubliée. Voici la checklist SEO que nous suivons, de l’inventaire jusqu’au suivi de trois mois. Ce guide fait partie de nos articles consacrés au référencement naturel et local.
Pourquoi le trafic chute après une refonte
Une refonte change souvent tout à la fois : le design, le CMS, l’arborescence, les adresses des pages et une partie des textes. Chacun de ces changements peut défaire ce que Google avait mis des mois à comprendre de votre site. Les causes les plus fréquentes :
- des URL modifiées sans redirection : les anciennes adresses renvoient une erreur 404, et les liens externes qui pointaient vers elles ne transmettent plus rien ;
- des contenus supprimés ou appauvris : une page qui se classait bien a été fusionnée, raccourcie ou remplacée par des visuels ;
- un maillage interne bouleversé : des pages importantes se retrouvent enfouies dans l’arborescence, voire orphelines ;
- des blocages techniques : la balise noindex ou le robots.txt de la préproduction restés en place, des balises canonical qui pointent encore vers l’ancien domaine ou vers la préproduction ;
- des balises title et des meta descriptions réinitialisées ou dupliquées par les nouveaux gabarits ;
- un site plus lent, alourdi par des animations ou des images non optimisées.
S’y ajoute une fausse alerte classique : le code de mesure d’audience oublié au lancement, qui fait croire à une chute qui n’existe pas.
Google recommande d’ailleurs, quand c’est possible, de planifier les changements les uns après les autres plutôt qu’en même temps : changer de domaine, puis de CMS, puis de mise en page (guide de Google sur les migrations avec changement d’URL). Ce n’est pas toujours réaliste pour une refonte, mais le principe reste utile : chaque changement évitable, à commencer par celui des URL, est un risque en moins.
Faire l’inventaire avant de toucher au design
On ne protège que ce que l’on connaît. Avant la première maquette, dressez l’inventaire complet du site actuel :
- Explorez le site avec un crawler, comme Screaming Frog ou Sitebulb, pour lister toutes les URL avec leur code de réponse, leur balise title, leur H1 et leur canonical.
- Exportez les données de la Search Console : pages qui reçoivent des clics et des impressions sur les seize derniers mois, rapport d’indexation des pages, sitemaps déclarés, et rapport sur les liens pour repérer les pages les plus citées par d’autres sites.
- Croisez avec votre outil d’analyse d’audience : pages d’entrée du trafic issu des moteurs, pages qui génèrent des contacts ou des ventes.
- N’oubliez pas les URL « invisibles » : fichiers PDF, images bien placées dans Google Images, pages de campagnes, adresses imprimées sur vos brochures ou dans des QR codes, lien de votre fiche Google.
Le résultat tient dans un tableur, avec une ligne par URL, ses indicateurs (clics, liens entrants, conversions) et une décision : conserver, fusionner, rediriger ou supprimer.
Construire le plan de redirections 301 de la migration
Chaque ancienne URL qui a de la valeur doit renvoyer vers la nouvelle page la plus proche par une redirection 301. Cette redirection permanente, réalisée côté serveur, indique à Google d’afficher désormais la nouvelle adresse dans ses résultats (redirections et recherche Google). Le plan prend la forme d’un tableau de correspondance, par exemple :
| Ancienne URL | Nouvelle URL | Traitement |
|---|---|---|
/nos-prestations/creation-site.html | /services/creation-site-internet | 301 vers la page équivalente |
/blog/2021/04/conseils-referencement | /journal/conseils-referencement | 301 vers l’article conservé |
/qui-sommes-nous.php | /a-propos | 301 vers la nouvelle page |
/realisations?id=12 | /realisations/maison-de-sante | 301 vers l’étude de cas |
/promo-noel-2022 | aucune | 410 : contenu retiré sans équivalent |
Les règles à respecter viennent directement des recommandations de Google :
- une redirection directe, sans chaîne : l’ancienne URL mène à la page finale, pas à une étape intermédiaire ;
- pas de redirection en masse vers l’accueil : Google peut la traiter comme une erreur « soft 404 », et le visiteur ne trouve pas ce qu’il cherchait ;
- un code 404 ou 410 pour les contenus vraiment supprimés, sans équivalent sur le nouveau site ;
- des liens internes mis à jour vers les nouvelles URL, sans compter sur les redirections pour faire le lien ;
- des redirections conservées longtemps : Google conseille de les garder aussi longtemps que possible, en général au moins un an. Rien n’empêche de les laisser en place indéfiniment.
Côté technique, les redirections se déclarent dans la configuration du serveur ou de l’hébergeur, dans un module du CMS ou dans le code du site. L’essentiel est de pouvoir tester la liste complète automatiquement, avant et après la mise en ligne. Si vous confiez la refonte à une agence, demandez dès le devis si ce plan est compris : c’est l’une des questions à poser avant de signer avec une agence web.
Garder ce qui fonctionne, améliorer le reste
Une refonte n’oblige pas à tout réécrire. Les pages qui se classent bien ont fait leurs preuves : conservez leur texte, enrichissez-le plutôt que de repartir de zéro, et ne changez leur balise title ou leur H1 que pour une bonne raison. Les pages faibles ou redondantes peuvent être fusionnées dans une page plus complète, vers laquelle leurs anciennes adresses seront redirigées.
C’est aussi le moment de corriger ce qui freinait le site :
- une arborescence plus claire, où chaque page importante reste à trois clics au plus de l’accueil ;
- une seule page par intention de recherche, au lieu de plusieurs pages qui se font concurrence ;
- des performances surveillées dès les maquettes, avec les Core Web Vitals comme repère ;
- une accessibilité prise en compte dès la conception ;
- des contenus qui répondent d’emblée aux questions, ce qui sert aussi les moteurs de réponse, comme nous l’expliquons dans notre article sur le SEO à l’heure de l’IA.
Pour arbitrer page par page, rien ne remplace un audit. C’est le point de départ de notre accompagnement SEO à Nantes, qui peut précéder une refonte ou l’accompagner.
Une préproduction invisible pour Google
Le nouveau site se construit sur une adresse de préproduction, qui ne doit jamais apparaître dans les résultats de recherche. Attention : le fichier robots.txt ne suffit pas. Google rappelle qu’il ne sert pas à empêcher une page de figurer dans ses résultats ; pour cela, il faut une balise noindex ou une protection par mot de passe (introduction au fichier robots.txt).
Les bonnes pratiques :
- protéger la préproduction par un mot de passe, avec une authentification HTTP, ce qui la tient à l’écart des robots comme des curieux ;
- ajouter une balise noindex en complément, et noter précisément où elle est définie pour pouvoir la retirer le jour du lancement ;
- tester le plan de redirections sur la préproduction, à partir de la liste complète des anciennes URL ;
- vérifier que les balises canonical, le sitemap et les données structurées utiliseront bien le domaine définitif.
La checklist du jour de mise en ligne
Le jour de la bascule, chaque point se vérifie, dans cet ordre :
- Les redirections sont actives : chaque ancienne URL renvoie un code 301 puis une page qui répond normalement, sans chaîne.
- La balise noindex et les blocages du robots.txt propres à la migration ont disparu ; Google insiste sur ce point dans son guide.
- Chaque page porte une balise canonical vers sa propre URL définitive.
- Le nouveau sitemap XML est en ligne et déclaré dans la Search Console.
- Les liens du menu, du pied de page et des contenus pointent directement vers les nouvelles URL.
- La mesure d’audience et le suivi des conversions fonctionnent, bandeau de consentement compris.
- Les versions avec et sans « www », en http comme en https, mènent toutes à une seule adresse.
- Les pages clés passent les tests de performance et s’affichent correctement sur mobile.
- Les liens que vous maîtrisez sont mis à jour : fiche Google, réseaux sociaux, signatures e-mail, annuaires. Notre guide du référencement local à Nantes liste les principaux annuaires à vérifier.
- En cas de changement de nom de domaine ou de sous-domaine, le déménagement est déclaré avec l’outil de changement d’adresse de la Search Console. Cet outil ne sert pas pour un simple passage en https ni pour un changement de chemins sur le même domaine.
Trois mois de suivi après le lancement
Google l’annonce sans détour : pour un site de petite ou moyenne taille, il faut en général quelques semaines pour que la plupart des pages soient prises en compte, et la visibilité peut fluctuer pendant ce temps. D’où un suivi en trois temps :
- La première semaine, chaque jour : erreurs 404 relevées dans les journaux du serveur et dans le rapport d’indexation de la Search Console, redirections manquantes à ajouter, inspection des URL stratégiques pour vérifier qu’elles sont explorées et indexées.
- Le premier mois, chaque semaine : comparaison des clics et des impressions par page avec la période précédente, suivi des requêtes principales, contrôle des formulaires et des conversions.
- Les deuxième et troisième mois : ajustement des contenus et du maillage interne, mise à jour des liens externes qui pointent encore vers d’anciennes adresses, puis bilan comparé avec l’inventaire de départ.
Si le trafic reste en baisse au-delà de ces quelques semaines alors que la comparaison avec l’inventaire ne révèle ni redirection manquante ni page perdue, la migration n’est peut-être pas seule en cause. Notre guide pour diagnostiquer une baisse de trafic passe en revue les autres pistes, d’une mise à jour de Google à un recul de la demande.
Ce suivi de trois mois fait partie de la cinquième et dernière escale de notre déroulé de projet web, celle de la mise en ligne et du suivi. Pour voir comment ces étapes s’enchaînent dans un projet complet, parcourez notre étude de cas d’exemple sur un cabinet d’architectes de l’Île de Nantes, qui associe refonte et accessibilité.
Vous préparez une refonte ? Nos refontes de site internet intègrent l’inventaire SEO, le plan de redirections et ce suivi dès le cadrage du projet.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il conserver les redirections 301 ?
Google recommande de les conserver aussi longtemps que possible, en général au moins un an. Rien n’oblige ensuite à les retirer : elles ne coûtent presque rien et continuent de servir les anciens liens, les favoris et les QR codes imprimés. Supprimer une redirection trop tôt, c’est recréer une erreur 404 et perdre la valeur des liens qui pointaient vers l’ancienne adresse.
Une baisse de trafic après une refonte est-elle normale ?
Une fluctuation temporaire est normale : Google prévient que la visibilité peut varier pendant une migration, et il faut en général quelques semaines pour qu’un site de petite ou moyenne taille soit pris en compte. Si la baisse se prolonge ou se concentre sur certaines pages, cherchez une cause précise : redirection manquante, contenu supprimé, balise noindex oubliée, page devenue difficile d’accès. La comparaison avec l’inventaire réalisé avant la refonte permet de la trouver rapidement.
Faut-il changer de nom de domaine en même temps que la refonte ?
Mieux vaut l’éviter si ce n’est pas indispensable. Google conseille de planifier les changements les uns après les autres plutôt qu’en même temps, par exemple le domaine, puis le CMS, puis la mise en page. Si le changement est nécessaire, redirigez chaque URL de l’ancien domaine vers son équivalent, déclarez le déménagement avec l’outil de changement d’adresse de la Search Console et gardez l’ancien domaine enregistré.