Shopify ou WooCommerce ? Les deux savent vendre en ligne ; ce qui les distingue, c’est la façon de gérer votre boutique au quotidien. Shopify est une solution louée clés en main : hébergement, sécurité et mises à jour sont inclus, contre un abonnement mensuel et des frais sur chaque paiement. WooCommerce et PrestaShop sont des logiciels open source : gratuits et installés chez l’hébergeur de votre choix, ils vous laissent la main sur le code et les données, mais leur maintenance vous revient. PrestaShop, né à Paris, intègre en standard des fonctions utiles aux catalogues étoffés : multiboutique, mode B2B, multidevise.

Le bon choix dépend donc de votre catalogue, de votre équipe et de votre budget sur plusieurs années. Ce comparatif, rattaché à nos conseils pour choisir ses outils et vendre en ligne, s’appuie sur les pages officielles des trois solutions, consultées le 31 octobre 2026.

Trois logiques différentes

Shopify : la boutique en location

Shopify, éditeur canadien, propose une plateforme hébergée (on parle de SaaS) : vous ouvrez un compte, choisissez un thème, ajoutez vos produits, et la boutique est en ligne. Serveurs, certificat de sécurité, paiement et mises à jour du logiciel sont gérés pour vous.

En contrepartie, vous ne modifiez pas le cœur de la plateforme. Vous personnalisez l’apparence avec un thème et ajoutez des fonctions grâce aux applications de son App Store, dont beaucoup sont facturées au mois.

WooCommerce : la boutique dans WordPress

WooCommerce est une extension gratuite et open source de WordPress, développée par Automattic. Le répertoire officiel des extensions WordPress lui attribue plus de 7 millions d’installations actives. Elle transforme un site WordPress en boutique : pages, articles et catalogue partagent la même administration.

Vous l’installez chez l’hébergeur de votre choix, avec un accès complet au code… et la responsabilité des mises à jour, des sauvegardes et de la sécurité.

PrestaShop : l’open source né à Paris

PrestaShop est un logiciel e-commerce open source (licence OSL 3.0), créé à Paris en 2007. Il se télécharge gratuitement pour être installé sur votre hébergement, ou s’utilise dans une formule hébergée proposée par l’éditeur, PrestaShop Hosted.

L’éditeur appartient depuis février 2026 au groupe polonais cyber_Folks. Le logiciel reste open source, et son réseau d’agences, de développeurs et de modules demeure très présent en France. La version 9.0, stable depuis juin 2025, a modernisé sa base technique et ajouté une nouvelle API d’administration.

Et Wix ou Squarespace ?

Wix et Squarespace sont d’abord des créateurs de sites, qui permettent aussi de vendre en ligne. Leur logique est celle de Shopify : une plateforme louée, hébergement compris. Chez Wix, la formule payante la moins chère ne permet pas d’encaisser de paiements ; chez Squarespace, toutes les formules payantes permettent de vendre, mais la formule Basic prélève 2 % de frais de transaction sur les ventes, que les formules supérieures suppriment (la page tarifs de Wix et les tarifs de Squarespace, consultés le 4 novembre 2026).

Ils conviennent surtout quand le site compte plus que la boutique : quelques produits, une équipe qui veut tout gérer elle-même. Pensez aussi au jour où vous voudrez en partir : un site Wix ne peut fonctionner que sur les serveurs de Wix, et l’export proposé par Squarespace laisse de côté les pages de boutique.

Le comparatif en un tableau

Tarifs relevés le 31 octobre 2026 sur la page tarifs de Shopify, le barème de WooPayments pour la France et l’offre PrestaShop Hosted. Ces prix évoluent régulièrement : vérifiez-les avant de vous décider.

CritèreShopifyWooCommercePrestaShop
ModèlePlateforme hébergée, sur abonnementExtension open source de WordPressLogiciel open source, ou formule hébergée
HébergementInclus, géré par ShopifyÀ choisir et à payer à partÀ choisir à part, ou inclus dans PrestaShop Hosted
Coût mensuel du logicielBasic 36 €, Grow 105 €, Advanced 384 € (27 €, 79 € et 289 € en paiement annuel) ; Plus à partir de 2 100 €Gratuit ; hébergement et extensions payantes en plusGratuit en version classique ; Hosted 29 € HT, ou 24 € HT en paiement annuel
Frais de paiementShopify Payments : de 1,5 % + 0,25 € (Basic) à 1,1 % + 0,25 € (Advanced) par carte standard ; de 2 % à 0,6 % de plus avec un autre prestataireAucune commission de WooCommerce ; avec WooPayments, 1,5 % + 0,25 € hors TVA par carte européenneAucune commission du logiciel ; frais du prestataire de paiement choisi
PersonnalisationThèmes et applications ; cœur non modifiableCode ouvert, très nombreuses extensionsCode ouvert, modules et thèmes
Vente aux professionnels (B2B)Fonctions B2B dès Basic (jusqu’à 3 catalogues), complètes sur PlusPar extensionsMode B2B intégré (encours, prix par groupe de clients)
MultideviseShopify Markets inclus ; prix en devise locale avec Shopify PaymentsIntégrée à WooPayments, ou par extensionIntégrée
Propriété des donnéesExport CSV et API ; plateforme louéeBase de données chez votre hébergeurBase de données chez votre hébergeur (version classique)
Écosystème en FranceLarge réseau d’agences et d’applications ; éditeur canadienCelui de WordPress, très répanduNé à Paris ; communauté et prestataires très présents

En résumé, Shopify concentre ses coûts dans l’abonnement et les frais de paiement, mais vous libère de la technique. WooCommerce et PrestaShop coûtent peu en licence, davantage en hébergement, en extensions et en maintenance.

Certaines obligations, enfin, s’imposent quelle que soit la plateforme. Depuis le 19 juin 2026, l’article L221-21 du Code de la consommation impose aux boutiques qui vendent en ligne à des particuliers une fonctionnalité gratuite pour se rétracter en ligne, dès lors que ce droit s’applique. Notre guide pratique du bouton de rétractation explique comment la mettre en place sur chacune des trois solutions.

Ce que coûte vraiment une boutique en ligne

Le prix de l’abonnement n’est qu’une partie de la facture. Pour comparer honnêtement, additionnez sur trois ans :

  • le socle : l’abonnement Shopify, ou l’hébergement pour WooCommerce et PrestaShop, de quelques euros par mois pour un hébergement mutualisé à plusieurs dizaines d’euros, voire davantage, pour un serveur dimensionné et infogéré ;
  • les frais de paiement, proportionnels à votre chiffre d’affaires ;
  • les applications, extensions ou modules : avis clients, abonnements, filtres avancés, connecteurs logistiques ou comptables, souvent facturés au mois ou à l’année ;
  • la maintenance : mises à jour du logiciel, des extensions et du serveur, sauvegardes, surveillance de la sécurité, à votre charge avec WooCommerce et PrestaShop ;
  • le temps de votre équipe, pour tenir le catalogue, préparer les commandes et répondre aux clients.

Un exemple de calcul : pour une commande de 50 € réglée par carte standard, Shopify Payments prélève 1,00 € sur le forfait Basic (1,5 % de 50 €, soit 0,75 €, plus 0,25 €). Pour une carte européenne, le barème WooPayments affiché pour la France applique le même taux, hors TVA. L’écart entre les solutions se creuse donc ailleurs : dans les applications cumulées, la maintenance et le temps passé.

Pour une boutique open source, notre article sur les mises à jour, les sauvegardes et la sécurité d’un site détaille les postes à budgéter.

Quel profil pour quelle solution ?

Shopify, pour vendre vite sans gérer la technique

Shopify convient bien si :

  • votre équipe est réduite et ne compte pas de profil technique ;
  • votre catalogue est simple ou de taille moyenne, sans règles de prix complexes ;
  • vous vendez aussi en boutique ou sur les marchés : la caisse Shopify POS partage le stock avec le site ;
  • vous voulez ouvrir d’autres pays sans tout reconstruire, grâce à Shopify Markets.

Ses limites : les adresses des produits et des collections suivent une structure imposée (/products/…, /collections/…), certaines personnalisations passent par une application ou un développement spécifique, et la facture d’applications peut vite grimper.

WooCommerce, quand les contenus comptent autant que les produits

WooCommerce est un bon choix si :

  • vous avez déjà un site WordPress, ou beaucoup de contenus éditoriaux (guides, recettes, conseils) ;
  • vous voulez choisir votre hébergeur, par exemple en Europe, et garder vos données dans votre propre base ;
  • vous avez besoin d’une fonction très spécifique, réalisable par extension ou par développement ;
  • vous pouvez assurer, ou confier, une maintenance régulière.

Ses limites : la vitesse dépend de l’hébergement et du nombre d’extensions installées, et chaque extension ajoutée est une mise à jour de plus à surveiller.

PrestaShop, pour les catalogues riches et la vente aux professionnels

PrestaShop se justifie quand :

  • votre catalogue compte beaucoup de références et de déclinaisons (tailles, couleurs, conditionnements) ;
  • vous gérez plusieurs boutiques, langues ou devises depuis une même administration ;
  • vous vendez aussi à des professionnels, avec des prix par groupe de clients ;
  • vous voulez vous appuyer sur un écosystème de modules et de prestataires francophones.

Ses limites : une administration plus technique à prendre en main, et des montées de version à préparer, car chaque module doit rester compatible.

Ce raisonnement est déroulé dans notre étude de cas d’exemple de la Conserverie Néréide, une conserverie fictive de La Turballe imaginée pour illustrer notre méthode : le peu de temps disponible dans l’équipe, les abonnements et la vente sur les marchés y font pencher la balance vers Shopify.

Et le headless, dans quels cas ?

Une boutique headless sépare ce que voient vos clients, le site, du moteur e-commerce qui gère catalogue, panier et paiement. Les deux communiquent par API. Shopify propose pour cela sa Storefront API et son propre framework, Hydrogen ; WooCommerce et PrestaShop exposent eux aussi des API.

Cette architecture se justifie quand :

  • la marque et les contenus pèsent lourd, avec des pages éditoriales riches et une expérience très travaillée ;
  • vous vendez sur plusieurs canaux (site, application, bornes) à partir d’un même catalogue ;
  • la vitesse d’affichage est un enjeu majeur et le budget permet de l’atteindre ;
  • une équipe peut maintenir deux systèmes dans la durée.

Pour la plupart des petites boutiques, elle est disproportionnée : elle alourdit le coût de création et de maintenance, et une partie des applications prévues pour les thèmes ne fonctionne pas telle quelle. Un thème léger et bien optimisé suffit souvent. Pour les projets qui en ont réellement besoin, découvrez notre approche du développement sur mesure et des sites headless.

Changer de solution : préparer la migration

Changer de plateforme revient à refaire sa boutique : cela se prépare. Six points ne doivent rien au hasard.

  1. Les adresses. Listez les pages qui reçoivent des visites ou des liens, puis redirigez chacune vers sa nouvelle adresse par une redirection 301. Vers Shopify, la plupart des adresses changent, puisque produits et collections suivent sa structure imposée.
  2. Les données. Produits et déclinaisons, clients, historique des commandes, cartes cadeaux, avis : vérifiez ce qui s’exporte, dans quel format, et ce qui se perd en route.
  3. Les comptes clients. Les mots de passe ne suivent pas : Shopify, par exemple, ne permet pas de les importer et vous demande d’inviter vos clients à en créer un nouveau. Prévoyez un e-mail clair.
  4. Le référencement. Reprenez titres, descriptions, textes alternatifs et données structurées, puis surveillez la Search Console après la bascule. Notre guide sur les étapes d’une refonte qui préserve le référencement détaille la marche à suivre.
  5. Les branchements. Paiement, transporteurs, comptabilité, caisse ou logiciel de gestion : chaque connecteur doit exister sur la nouvelle plateforme.
  6. Le calendrier. Évitez de basculer juste avant un temps fort commercial, soldes ou fêtes de fin d’année : gardez une marge pour corriger, puis pour préparer la nouvelle boutique au pic de trafic du Black Friday, test de charge compris.

Notre façon de trancher

Chez FOGG, nous n’avons pas de solution fétiche : nous choisissons l’outil projet par projet. Ce choix se fait pendant le cadrage, première des cinq escales qui rythment nos projets : nous comparons avec vous les solutions sur les critères ci-dessus, coûts récurrents compris. Quel que soit l’outil retenu, le code développé pour vous, vos contenus et votre nom de domaine vous appartiennent.

Notre offre de création de boutique en ligne à Nantes couvre ensuite le design, le développement, la mise en ligne et trois mois de suivi ; les prix de départ figurent sur notre grille tarifaire des boutiques en ligne. Une fois la plateforme choisie, l’essentiel se joue page après page : lisez notre guide sur l’anatomie d’une fiche produit qui vend.

Questions fréquentes

Shopify ou WooCommerce : lequel revient le moins cher ?

Cela dépend de votre volume de ventes et du nombre d’extensions nécessaires. WooCommerce est gratuit, mais l’hébergement, certaines extensions et la maintenance restent à votre charge. Shopify facture un abonnement et des frais sur les paiements, en incluant l’hébergement et les mises à jour du logiciel. Comparez toujours le coût total sur trois ans, temps de votre équipe compris.

Shopify ou WooCommerce : lequel est le meilleur pour le référencement ?

Les deux permettent un bon référencement naturel. WooCommerce laisse plus de liberté sur la structure des adresses et le code, tandis que Shopify impose des chemins comme /products/ et /collections/, ce qui n’empêche pas de bien se positionner. La qualité des contenus, la vitesse des pages et l’organisation du catalogue pèsent bien davantage que le choix de l’outil.

Peut-on changer de plateforme e-commerce sans perdre ses clients ni son référencement ?

Oui, si la migration est préparée. Exportez produits, clients et historique des commandes, redirigez chaque ancienne adresse vers la nouvelle par une redirection 301 et reprenez titres et descriptions. Les mots de passe des comptes clients ne se transfèrent généralement pas : prévenez vos clients et invitez-les à en créer un nouveau. Surveillez ensuite la Search Console pendant plusieurs semaines.